Je ne vais pas vous noyer sous les statistiques et les diagrammes. Je vais comme à mon habitude m’exprimer en peu de mots, sans détails inutiles. Tout de même quelques chiffres (éléments importants pour bien comprendre le contexte): deux membres du staff qui entre autres tâches dispensent les formations: un demi-ETP au cadre et un demi-ETP en surnombre (c’est le vocabulaire administratif, que voulez-vous); et, en renfort, deux étudiants-jobistes (merci à eux). La formation étant obligatoire, le nombre de participants correspond théoriquement au nombre d’inscrits dans notre faculté: environ 1400 primo-arrivants, notre public cible. Certaines semaines, en novembre notamment, le nombre de séances s’élevait parfois à 5 ou 6. C’est donc à la fois un exercice intellectuel (prévoir de nouveaux supports, renouveler les exemples, s’adapter à un nouveau public), organisationnel (gérer plus de 3660 échanges de courriel pour les inscriptions, désinscriptions, réinscriptions, constitution de groupes et j’en passe), logistique (prévoir suffisamment tôt la réservation des salles info, prier pour que le projecteur tienne le coup une année de plus) et physique aussi. Personnellement, après deux heures, je me sens un peu liquidé. L’âge qui avance, sans doute.
Prévu de fin septembre à Noël 2009, le programme va “déborder” au deuxième quadrimestre, en février 2010, pour la première fois en cinq ans d’existence: conséquence directe de l’augmentation du nombre d’inscrits dans nos disciplines (sciences économiques, sociales, politiques, de gestion et information-communication).
Sur le fond, on aborde des grands classiques: le catalogue et une base de données (multidisciplinaire dans notre cas). Personnellement, cette année, je donne la formation un peu comme on raconte une histoire ou un voyage. Sans forcer le trait et sans caricature, j’utilise une sorte de personnage-utilisateur moyen pour traiter bien sûr les méthodes et les fonctionnalités de recherche, mais aussi pour envisager des problématiques moins pragmatiques, comme la hiérarchisation des savoirs et des informations, les différences conceptuelles entre moteurs de recherche généralistes et outils documentaires (et leur impact sur les résultats), la notion de bibliothèque virtuelle (cf. ici), l’évolution de la pédagogie, le libre accès, le coût des abonnements aux revues, certains aspects de la recherche scientifique, l’évolution des formats des ressources, etc. C’est un essai, c’est loin d’être formel et formalisé (l’étape suivante serait peut-être de proposer des slides de ce que je raconte oralement), et il est difficile de mesurer l’impact d’un discours qu’ils n’ont certainement pas (encore) l’habitude d’entendre et, pour la plupart, dont ils n’ont que faire (si l’on s’en tient au principe qui veut que si cela ne concerne pas des besoins immédiats, c’est inutile). On verra bien.
(Billet originalement publié sur le pintiniblog, blog personnel et professionnel de F. Tinti)