Billet un peu particulier que nous voulons mettre en évidence ici : celui de l’un de nos collaborateurs depuis bientôt 3 ans sous le statut d’étudiant-jobiste, par ailleurs déjà titulaire d’un Baccalauréat de bibliothécaire-documentaliste et bientôt d’un Master en Information et Communication.
Son billet traite de l’information literacy et retrace une des interventions de l’Inforum 2010 de l’Association Belge de Documentation (ABD, colloque du 29 avril): “Former les étudiants à la maîtrise de l’information: un rôle majeur des bibliothèques universitaires. Mais quels sont les attentes en la matière?” par François Frédéric (ULB).
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Formation des étudiants à la recherche documentaire : un défi majeur
En 2008, l’enquête Edudoc montrait que le niveau de performance documentaire des étudiants du supérieur, en Communauté française de Belgique, ne dépassait pas la cote de 7,6/20. Le défi des universités, et certainement de leurs bibliothèques, ainsi que des hautes écoles est donc d’encore mieux valoriser cette formation à la recherche documentaire et de sensibiliser davantage les étudiants au monde de l’information et à sa complexité.
Aujourd’hui, nous assistons à une mise en place de plus en plus méthodique dans les bibliothèques universitaires de programmes de formation des usagers à la maîtrise de l’information. L’étudiant, l’assistant, le chercheur ou encore le professeur doivent être capable de trouver une information adéquate, mais aussi et surtout d’évaluer et d’exploiter cette information.
Malheureusement, les étudiants ne se sentent pas toujours concernés par l’importance de cet apprentissage méthodologique à la recherche documentaire. Bien souvent, ce n’est qu’au moment de la rédaction du mémoire que les problèmes arrivent et que l’étudiant se sent alors dépassé par des outils de recherche inconnus ou mal maîtrisés et dépourvu de sens critique face à cette jungle d’information.
Pourquoi faut-il former ?
Tout d’abord, la formation à la recherche documentaire dans les universités doit permettre de sensibiliser les étudiants à l’éthique même de l’information. Dans la logique des choses, il parait évident que ce rôle de formation à la méthodologie documentaire généraliste doit être tenu par les cours dont c’est le cahier des charges mais peut être utilement renforcé par les services d’aide à la recherche documentaire proposés par les bibliothèques universitaires. Ces formations doivent notamment permettre aux étudiants de répondre aux observations des études, d’être critiques et vigilants face à l’information et surtout les amener à découvrir et utiliser les nombreuses ressources acquises (parfois à grand frais) et mises à disposition par les bibliothèques.
À quoi faut-il former ?
La question primordiale qui se pose est de savoir s’il est préférable de former à des outils ou à une méthodologie de recherche. Or, une formation complète doit logiquement passer par ces deux stades, même s’il n’est pas du tout aisé de former à une méthode en quelques heures ou quelques séances.
Selon Bernard Pochet (maître de conférences à la Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux), le formateur à la recherche d’information doit avant tout enseigner les « réflexes d’usage de méthodologie documentaire ».
Un partenariat indispensable
Enfin, pour dispenser une formation documentaire qui soit efficace, il parait indispensable qu’un partenariat efficace soit mis en place entre les bibliothèques et les enseignants. Pour obtenir des résultats positifs, il est nécessaire d’intégrer cette formation dans un projet pédagogique mené par un enseignant partenaire spécialisé et impliquant les étudiants notamment par un système d’évaluation.
Peu à peu - à charge des bibliothécaires de susciter la confiance nécessaire dans leurs compétences de spécialistes de la recherche et de la conservation de l’information - des professeurs acceptent de céder et de partager avec eux quelques heures de cours pour dispenser une formation à la méthodologie de recherche. Il est important aussi par ailleurs que la formation documentaire soit rattachée à un besoin. Il faut démontrer aux étudiants l’utilité de cette formation dans le cadre de leurs études, mais aussi et surtout au-delà de leur parcours académique pour faire face aux attentes de plus en plus précises et vastes du monde professionnel en termes de recherche d’information.
Un compte rendu de Sébastien Uyttenhoef
Etudiant en dernière année de Master de l’Information et de la Communication / Ecole de Journalisme de Louvain