La fondation OAPEN (Open Access Publishing in European Networks) a lancé en 2012 la plateforme Directory of Open Access Books (DOAB), qui propose des ouvrages en texte intégral publiés sous une licence en libre accès.
A l’heure actuelle, 48 éditeurs ont rejoint le projet. Plus de 1400 ouvrages sont actuellement disponibles.
La revue Research Information a publié une interview de Vicky Reich (responsable du programme LOCKSS à l’université de Stanford) et de Randy Kiefer (directeur de CLOCKSS).
L’objectif de LOCKSS (pour Lots Of Copies Keep Stuff Safe) est de fournir aux bibliothèques et aux éditeurs des outils de conservation numérique à faible coût et en open source et de garantir un accès pérenne aux contenus numériques.
CLOCKSS (pour Controlled LOCKSS) est une association sans but lucratif regroupant des éditeurs scientifiques et des bibliothèques académiques, dont la mission est de construire, littéralement, une archive géographiquement distribuée (c’est-à-dire implantée en plusieurs lieux physiques), afin d’assurer une conservation pérenne de publications scientifiques numériques.
“Dès qu’un contenu est abandonné par un éditeur, Clockss tente de le préserver en utilisant la voie de l’accès libre à l’information. Pour ce faire, ils utilisent la technologie Lockss (Lots of Copies Keep Stuff Safe) et opte pour une préservation décentralisée. Le contenu est archivé dans 12 institutions qui participent au projet.” (source)
Dans cette interview, les intervenants rappellent combien le format numérique est sans doute le plus fragile des supports. D’où la nécessité de prévoir une conservation solide de ces contenus, au risque de les perdre à jamais. Le programme LOCKSS est basé sur le même principe que la conservation du papier: multiplier les copies, en des lieux différents, pour en garantir la pérennité.
Quelle est la différence entre les deux projets? LOCKSS conserve les collections numériques des bibliothèques membres; CLOCKSS sauvegarde dans une archive décentralisée les collections entières des éditeurs membres.
Quels sont les principaux défis, aujourd’hui? La conservation des contenus dynamiques et des services qui accompagnent les contenus; ainsi que la participation de plus de bibliothèques et d’éditeurs.
Dans un article intitulé “Open Sesame“, The Economist revient sur la question brûlante de l’accès aux revues publiant les résultats de la recherche scientifique. L’hebdomadaire rappelle que certains abonnements atteignent des sommets (plus de 20.000 dollars par an) et que l’éditeur Elsevier, par exemple, a généré en 2011 un profit de plus d’un millard de dollars. Une marge bénéficiaire de 37% rendue possible, notamment, par le faible coût, voire le coût nul, des contenus fournis par les chercheurs. Comme chacun sait, les revues sont ensuite vendues aux universités (les mêmes qui emploient ces chercheurs). Dans le cas de la recherche financée sur fonds publics, on en est arrivé (ce n’est guère neuf) à un scénario où les universités et autres institutions académiques paient une première fois pour effectuer la recherche et une deuxième fois pour l’accès aux revues. Ce système n’est pas seulement absurde et injuste, il est aussi une entrave à la qualité de l’enseignement et de la recherche, qui dépend fortement des moyens dont ces deux secteurs disposent.
Que faire?
Face à l’environnement fermé des principaux éditeurs scientifiques commerciaux, les institutions publiques (gouvernements et agences de financement), ainsi que les fondations qui fonctionnent sur base de dons, doivent mettre en place des politiques contraignantes, c’est-à-dire obligatoires, favorisant la mise à disposition de ces contenus en libre accès. C’est un travail difficile, certes, car il implique des changements d’habitude et de mentalité. Mais c’est un travail nécessaire. The Economist rappelle les exemples bien connus d’institutions qui vont dans ce sens: National Institutes of Health (Etats-Unis), la fondation Wellcome Trust et le gouvernement britannique.
Dans le cadre d’une étude sur le développement du libre accès en Belgique francophone, confiée par les Recteurs des universités de la Communauté française et le F.R.S.-FNRS à la BICfB (Bibliothèque Interuniversitaire de la Communauté française de Belgique), celle-ci a lancé une enquête sur l’implication active des enseignants et chercheurs de leurs institutions (en tant qu’éditeur en chef, membre du comité de rédaction, peer-reviewer, etc.) dans la vie de revues scientifiques en Open Access ou tout au moins accessibles gratuitement sur le web.
Le troisième festival « humains en sociétés » est consacré au thème de la catastrophe naturelle lue et interprétée à travers le prisme culturel. Aussi, débute-t-il précisément par une réflexion sur la catastrophe naturelle à partir d’une vision locale. Il se poursuit par un questionnement sur les transformations du paysage et leurs conséquences, en s’interrogeant notamment sur les altérations de la mémoire et de la transmission. Le festival s’achève sur un constat paradoxal: l’humain, bien que totalement dépendant de lui, dégrade de manière irréversible son environnement. Cependant, dans un souci de « catastrophisme éclairé » (Dupuy J.-P., 2002), la séance de clôture est dédiée à un film porteur d’espoir : la transformation de nos déchets en œuvre d’art.
Nous avons eu l’occasion de suivre lors de la première journée de l’Université d’été de l’édition électronique une présentation Chris Meade, directeur de if:book - laboratoire d’idées et de savoir-faire dédié à l’avenir du livre à l’ère du numérique -, essayiste du web et blogueur sur www.bookfutures.com.
Dans le débat concernant l’avenir du livre, Chris Meade part du principe que le livre n’est pas un objet, mais une expérience. Le livre, s’il a beaucoup évolué depuis le papyrus jusqu’à l’epub, reste au delà de son support une entité en soi, un contenu culturel et est symbole de liberté. Nouvelle manière de publier et de distribuer, l’univers numérique permet, a priori, un accès pour tous. Par ailleurs avec le numérique, le livre ne se limite plus à un texte séquentiel : il peut intégrer une variété de type de contenu (texte, audio, vidéo, etc.), il permet une lecture rhizomique (Clicks trough more), et le livre devient également un lieu de rencontre.
Cette univers renouvelle également notre rapport au texte, à la lecture et à l’écriture. Selon Meade, nous sommes tous vecteurs de message, la lecture comme l’écriture relèvent d’une émulation collective - c’est ce qu’il nomme les “Auteurs amplifiés”. Suivant cette thèse, il propose un projet de Unlibrary qui n’est pas à comprendre comme contre les bibliothèque, mais être un lieu de rencontre et de collaboration. L’objectif du projet est de créer un espace où les “collections réelles” sont les personnes, les “profils” de ses lecteurs/écrivants.
Selon ce principe, plusieurs projets voient le jour:
Wikinovel : plusieurs auteurs écrivent le même roman
The 24 hour book : des écrivains sont amenés à écrire en 24h un ouvrage sur la ville de Londres
Dans un précédent billet à lire et relire nous vous avions déjà parlé de l’édition électronique ouverte.
Dans la continuité, la BSPO sera présente, par l’intermédiaire de Maxime Lohisse, à la 2ième Université d’été de l’édition électronique ouverte qui se déroule à l’Université de Provence, Marseille du 12 au 16 septembre 2011.
A travers différents billets sur ce blog, nous tenterons de vous tenir informé des différentes problématiques évoquées lors des conférences, cours et ateliers suivis.