Les MOOCs, arrêt sur image !   

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Il y a presque un an, l’UCL découvrait les MOOCs lors d’une conférence d’Anant Agarwal, président d’edX, dans ses locaux. Une découverte accompagnée de nombreuses questions, d’enthousiasme, de scepticisme… questions discutées dans cet article de notre blog. Mais surtout, une découverte suivie, sur les chapeaux de roue, d’un passage à l’action : quelques semaines plus tard, l’UCL signait un contrat de partenariat avec edX, s’engageant à ouvrir quatre cours au format MOOC l’année suivante.

L’année suivante, c’est maintenant.
Les quatre cours LouvainX sont annoncés et en voie de démarrer. Une expérience intense d’innovation technopédagogique pour les professeurs et assistants concernés, ainsi que pour l’IPM qui les accompagne ! Expérience qui va encore se renforcer lors de l’animation des MOOCs, tout au long de leur 6 à 10 semaines (selon les cours concernés).

L’eau a coulé sous les ponts depuis un an. Toute personne qui s’intéresse aux MOOCs en a entendu parler, dans les réseaux sociaux, dans la presse… Des blogs thématiques s’y consacrent (par exemple : celui de Mathieu Cisel), des conférences scientifiques (eMoocs2014), de nombreuses recherches…

Les possibilités de suivre un MOOC sont maintenant nombreuses, tant dans les grands consortiums (Coursera, edX…) que dans des MOOCs indépendants. L’offre de MOOCs en français se développe; un tout récent portail - dont l’UCL est partenaire - vise d’ailleurs à labelliser les MOOCs en français de qualité (portail OCEAN). L’IPM a même lancé son premier MOOC, suivi par plusieurs centaines de participants (eLearn2 - se former en ligne pour former en ligne) !

Peut-être d’ailleurs avez-vous participé à un MOOC, pour vous faire une opinion basée sur le vécu ?

Comment peut-on, aujourd’hui, analyser le phénomène des MOOCs ?

  • - Qu’en disent les analystes, les chercheurs ?
  • - Qu’en disent les acteurs : ceux qui préparent et animent des cours au format MOOC, ceux qui apprennent dans des MOOCs ?
  • - Qu’en disent les décideurs, les responsables d’établissements universitaires ?
  • - Qu’en dites-vous ? Votre opinion a-t-elle évolué depuis un an ?

Nous vous invitons à analyser en détails le phénomène des MOOCs, selon différents angles d’approche, au long des prochains mois. Six ateliers-débats, pour entendre des témoignages mais surtout, discuter !

Et anticiper et/ou prolonger les débats via ce billet de blog. Bienvenue à vous, en personne ou par le biais de votre clavier !

8 commentaires

D'accord, pas d'accord, une idée ?


  1. @Participant eLearn2 : Si votre préoccupation est de former les étudiants régulièrement inscrits à l’UCL, la question de faire un MOOC ou non ne se pose pas. Un MOOC est, par définition, ouvert à l’ensemble de la planète. Faire un MOOC n’est donc pas une stratégie pour enseigner à des étudiants de l’UCL (sauf si vous voulez que les étudiants de l’UCL bénéficient d’interactions avec des apprenants aux quatre coins du monde… auquel cas, “ouvrir” le cours est une bonne stratégie).

    Ne nous trompons pas de vocabulaire : pour enseigner à des étudiants de l’UCL, vous pouvez concevoir et organiser un *cours en ligne*, qui contiendra peut-être des parcours d’apprentissage séquencés (comme dans un xMOOC), des activités collectives de construction de savoirs (comme dans un cMOOC), des vidéos d’explication de la matière, des forums de discussion etc. Si ce cours en ligne est accessible uniquement aux étudiants de l’UCL (via iCampus ou Moodle UCL par exemple), il s’agira simplement… d’un cours en ligne. Si vous voulez faire bénéficier le monde entier de ce cours, si vous l’ouvrez à l’inscription à n’importe qui sur la planète, il s’agira alors d’un MOOC.


  2. Merci de l’attention à mes questions.
    Par “dans le cas où un choix est possible”, j’entends (mais ma question est sans doute mal formulée) : si, dans une institution comme l’UCL, pour un grand groupe d’étudiants à former, la solution du MOOC est privilégiée au cours en présentiel et en grand auditoire.


  3. @Participant eLearn2 : Quand vous dites “dans le cas où un choix est possible, quand privilégier la solution MOOC” : que voulez-vous dire par là ? Le choix entre quoi et quoi ?

    @Bernadette Stevens : Je crois comprendre, à lire votre message, que vous réfléchissez aux avantages des cours en ligne pour les grands groupes d’étudiants à la FOPA (stimuler les interactions entre étudiants, entrainer une pratique réflexive etc.). ATTENTION de ne pas confondre cours en ligne et MOOC : un MOOC est un cours en ligne dont la spécificité est d’être accessible de façon ouverte, c’est-à-dire à n’importe qui sur la planète qui souhaite suivre le cours (même aux personnes qui ne sont pas inscrites comme étudiant à l’UCL).

    Mais j’appuie votre réflexion : oui, les cours en ligne pourraient apporter des valeurs ajoutées pour les étudiants de la FOPA ! Ne confondons cependant pas les concepts : si votre préoccupation concerne l’amélioration de l’expérience d’apprentissage des étudiants FOPA par le moyen d’un cours en ligne, il ne faut pas parler de MOOC mais simplement d’un cours en ligne ;-)


  4. Récemment engagée comme conseillère à la formation pour la FOPA, je suis vivement intéressée par les MOOCs. Je pense qu’il s’agit d’un outil méthodologique qui peut se révéler important quand on est en charge de grands groupes et qu’on désire créer des liens interactifs entre les étudiants, favoriser leur rapport au savoir et entraîner leur pratique réflexive développée durant leur formation.
    Des travaux de groupe peuvent émerger, je pense, des situations complexes qui sont autogérables par les membres du groupe grâce à l’outil MOOC.
    Je suis également étonnée du nombre de jeunes (en-dessous de 30 ans) qui ont du mal à poster un message sur le forum ICampus, à utiliser un Doodle, à poster un travail dans l’espace Travaux d’Icampus. Peut-être dans cette envolée technologique ultra rapide est-on passé trop vite sur “comment ” utiliser l’outil informatique.
    Je voudrais aussi savoir comment réellement on développe un cours “MOOC” et c’est pour cela que je serai curieuse de rencontrer les participants à la formation.
    Je me demande, avec ce type d’apprentissage, comment, malgré tout, mettre une forme de “contrôle” . J’ai beaucoup entendu et un peu lu à propos de l’évaluation mais je désire avoir plus de clarté ou entendre parler de plus d’expériences à ce sujet.
    Comme Isabelle Motte, je me questionne aussi par rapport à la place des MOOCs dans l’enseignement supérieur. Frilosité ? Peur ? Dépense importante d’énergie ?
    Merci et à demain.


  5. Dans le cas où un choix est possible, pourquoi, dans quelles conditions privilégier la solution du MOOC?
    Dans le cadre spécifique d’un MOOC :
    - comment soutenir l’engagement de l’apprenant dans la durée?
    - quelles conditions mettre en place pour favoriser sa motivation?
    - comment accompagner les interactions entre les apprenants?
    - quels types d’évaluation certificative sont adéquats?
    Merci.


  6. Est-ce qu’il est indispensable de “tenir la distance”, de “finir toutes les activités” pour tirer bénéfice d’un cours au format MOOC ?

    Si quelqu’un picore dans un MOOC (sans faire toutes les activités donc), en construit un intérêt pour une matière qu’il ne connaissait pas, décide d’acheter un livre pour en savoir plus… voire de s’inscrire à un programme de bachelier pour se former dans cette discipline, est-ce à considérer comme un échec du MOOC ?

    Si les MOOCs n’avaient pour seule finalité “que” de rendre accessibles les savoirs universitaires construits sur les dernières avancées de la recherche, serait-ce un mal ? Pourquoi leur attribuer des objectifs de chiffres de certification ? Est-ce qu’un livre ne prend de la valeur que par le nombre de personnes qui le lisent jusqu’au bout ?


  7. Dans MOOC il y a Massive, qui souligne que le nombre d’inscrits à ce type de cours en ligne peut être énorme. Mais à l’instar de ce qu’il se passe en première année à l’université, où il y a beaucoup d’inscrits et nettement moins de diplômés, qu’en est-il des MOOCs ? Si le nombre d’inscrits est énorme, qu’en est il du nombre de personnes qui tiennent la distance, qui finissent toutes les activités ? Et parmi ceux qui terminent l’ensemble, voit on des profils psycho-comportementaux privilégiés ? En clair les MOOCs sont ils adaptés à tous les apprenants ou sont ils des outils qui ne conviennent qu’à peu de profils types ?


  8. Je me lance … en espérant que cela aidera d’autres personnes à s’exprimer sur la question ;-)
    Je pense qu’à l’heure actuelle, personne n’a une vision claire de la place qu’occuperont les MOOCs dans l’enseignement supérieur. Cette place est à définir et la question recouvre de multiples enjeux : économiques, socioculturels, juridiques, …

    Depuis mon poste de conseiller techno-pédagogique, j’espère un impact pédagogique positif. Si les cours à l’université conservent une forme très magistrale et transmissive, ils entreront forcément en concurrence avec les MOOCs. J’espère que cette “menace” aidera les professeurs à envisager de nouvelles formes d’enseignement plus actives et plus liées à la future pratique professionnelle des étudiants.

    Et vous, quel est votre avis sur la question ?