Archives pour la catégorie ‘pédagogie’ Category

Les cours ex-cathedra, c’est bientôt fini ! De qui se MOOC-t-on ?

14 février 2013

Vous en avez certainement entendu parler. Un Massive Online Open Course (en bref, un MOOC) est un cours en ligne ouvert à une large participation (on parle, pour certains de ces cours, de 100 000 inscrits) et distribué sur le Web. Par exemple, edX, démarré il y a quelques mois à l’initiative du Massachusetts Institute of Technology et de Harvard University, offre de tels cours complets (les vidéos d’enseignement, des parcours pédagogiques…) gratuitement. Ces cours, pour le moment, n’offrent pas de certification : ils sont considérés comme un enrichissement de l’enseignement (intégration dans des cours bien réels ceux-là) et de l’apprentissage. edX se présente d’ailleurs comme une association sans but lucratif. D’autres MOOCs se présentent dans le cadre de consortiums d’universités (triées sur le volet, image de marque et visibilité obligent) comme Coursera (lancé à la mi-2012) avec l’intention de mettre en place un modèle financier pour la validation des acquis des étudiants, devenus ainsi des courserians. A part quelques initiatives et implications (comme l’EPFL de Lausanne dans Coursera), l’Europe voire la francophonie s’interroge sur l’opportunité ou la nécessité d’emboîter le pas aux cousins d’Amérique du Nord (2013, l’année des MOOCs en français ? sur Thot Cursus). En fait, comme chaque fois qu’une nouvelle technologie apparaît (en particulier, dans le champ de l’éducation), ce sont, à la fois, des discours enthousiasmants et des méfiances rédhibitoires qui se manifestent. Déjà “le bon vieux” Socrates manifestait une telle inquiétude par rapport à … l’écriture, considérée comme une menace pour la tradition orale. Est-ce toujours ainsi plus de deux millénaires après ? Pour vous, ces technologies sont-elles un remède ou un poison ?

Les MOOC comme vecteur de transmission du savoir

Image : blog Inside Higher Education, http://www.insidehighered.com/news/2012/06/15/earning-college-credit-moocs-through-prior-learning-assessment

Certains présentent les MOOC comme une ressource parmi d’autres, une hyperbole du livre (le TextBook), du cédérom, de l’eLearning… Le savoir (les connaissances) est partout sur la toile, disponible et accessible. Michel Serres dans “Eduquer au XXIème siècle” nous dit : “Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la Toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait.” De tels cours qui transmettent le savoir sur la toile internet sont appelés des xMOOC, pour les distinguer des MOOC connectivistes, cMOOC (voir ci-dessous). Dans cet élan, d’autres prophètes vont plus loin et annoncent la fin du “campus” considéré comme un lieu de transmission des savoirs.

Les xMOOC sonnent-ils la fin des cours ex cathedra à l’université ? Dans quelques années, les étudiants belges choisiront-ils de prendre un cours à Harvard, un cours à Stanford, un cours au MIT… plutôt que des cours à l’UCL ?

Les MOOC comme opportunité de repenser l’enseignement universitaire

Les MOOC sont apparus à l’ère du Web 2.0, des réseaux sociaux, des blogs, des flux rss… Les premiers MOOC, les “vrais” selon les puristes, sont fondamentalement connectivistes : chaque apprenant apporte ses savoirs et les construit et les partage avec les autres. C’est le sens des cMOOC, des MOOC davantage inscrits dans le collectif, dans la mutualisation des savoirs et dans le tissu social qui relie ces savoirs et leur donne du sens. Le campus, loin d’être vidé de sa substance, de sa “matière”, pourrait ainsi retrouver du sens, le sens de notre Université inscrite dans la Cité.

Dès lors, certains y voient une occasion, une opportunité de repenser l’éducation. En effet, si on considère que l’enseignement n’est pas synonyme d’apprentissage, que les savoirs transmis n’équivalent pas à des connaissances acquises par les étudiants, que les technologies nous libèrent de ce devoir social de transmission pour mettre en place un véritable accompagnement des étudiants au travers de méthodes plus actives, plus interactives … ces cours en ligne à distance nous invitent à repenser le présentiel, à identifier les valeurs ajoutées de ce dernier dans le cadre de communautés d’apprentissage fertiles en développement de compétences, notamment celles liées au digital age.

Vite dit, mais cette mutation demandera de nombreux efforts car il ne s’agit pas seulement de nouvelles ressources, de nouveaux outils … mais surtout de changements dans nos mentalités, dans nos rapports aux savoirs, dans les rôles que nous, enseignants, serons amenés à endosser. Et vous, êtes-vous prêt à entrer dans ce virage pédagogique ? Ou alors, êtes-vous réservé par ce mirage technologique ?

Alors, les MOOC, menace ou opportunité pour l’université ?

C’est dans cet esprit de questionnement prospectif et d’enthousiasme informé et créatif que nous invitons la Communauté UCL à participer à une présentation de edX le 25 février. Elle sera faite par deux de ses acteurs principaux : le Professeur Anant Agarwal (président edX, MIT) et Johannes Heinlein (directeur edX, Harvard). Une belle occasion de réinventer ensemble l’éducation !

En attendant cet événement, nous attendons avec curiosité vos commentaires ci-dessous. Alors, pour vous, ces MOOC sont-ils une menace, une opportunité, une nécessité pour l’enseignement de demain ? Êtes-vous partants, réservés, enthousiastes, sceptiques … par rapport à cette r-évolution annoncée ? A vos plumes !

Etudiants, enseignants : avez-vous peur du plagiat ?

7 novembre 2012

Affiche "roi de la citation"

Ce 19 novembre, l’UCL organise sa première journée annuelle de sensibilisation au plagiat. L’intention est de dynamiser, chaque année, la vigilance de la communauté universitaire - tant les étudiants que les enseignants - à ce problème récurrent dans la qualité de la formation des étudiants.

Mais quel est le vécu de la communauté universitaire par rapport au plagiat ?

Etudiants, avez-vous peur du plagiat ?

  • - Vous sentez-vous bien formés, bien informés sur le plagiat dans vos études ?
  • - Avez-vous peur d’être accusés de plagiat dans vos travaux ?

Enseignants, avez-vous peur du plagiat ?

  • - Vous sentez-vous à l’aise pour gérer le plagiat avec vos étudiants ?
  • - Cherchez-vous à repérer le plagiat dans les travaux ?
  • - Avez-vous peur d’être accusés de plagiat dans vos travaux ?

A vos témoignages : craintes, colères, insatisfactions, déceptions, espoirs… ? Postez un commentaire à l’aide du formulaire en bas de page.

En savoir plus sur le plagiat :Reportage sur le plagiat à l'université, FAC télévision, SAVE, Université de Namur, novembre 2009.

> Le plagiat nuit gravement à la formation, site de sensibilisation de l’UCL
> Testez vos connaissances sur le plagiat (quiz)
> Programme de la journée de sensibilisation du 19 novembre 2012
Reportage réalisé en novembre 2009 par FAC télévision (Université de Namur), diffusé sur la télévision régionale namuroise.

Préparer nos étudiants à s’insérer dans la société : est-ce possible dans nos auditoires ?

3 avril 2012

“L’université nous lâche dans la nature … elle ne nous prépare pas suffisamment à trouver un emploi”.Cette affirmation, nous l’entendons souvent dans la bouche des étudiants qui terminent leurs études.

“Nous devons transmettre un solide corpus de connaissances et développer chez nos étudiants la démarche scientifique”.Voilà ce qu’affirment nombre de nos enseignants.

Des activateurs pour stimuler la maturation personnelle et professionnelle des étudiants au cœur même de la formation

Grâce au soutien du Fonds de Développement Pédagogique de l’UCL, un projet a permis de mettre en lumière les dynamiques pédagogiques qui, dans les programmes de master, donnent aux étudiants l’occasion de se préparer à leur insertion dans la société. Des témoignages ont été recueillis auprès d’une trentaine d’enseignants qui ont permis d’enrichir et de valider ces dynamiques pédagogiques.

Revivez ici les exposés de la matinée de formation du 26/04/2012

Les activateurs en quelques mots !

Proposer des moments de réflexivité

c’est donner l’occasion à l’étudiant de prendre du recul par rapport à ses pratiques, ses représentations, ses façons d’agir et d’apprendre en introduisant dans les dispositifs pédagogiques des instruments tels que le portfolio, le jeu de rôle, l’autoévaluation, l’évaluation par les pairs. Donner l’occasion aux étudiants de réfléchir et de mûrir leur projet socio-professionnel

Exploiter la mixité du public (disciplinaire, culturelle ou professionnelle)

L’utilisation de la diversité de l’auditoire par l’enseignant peut contribuer au transfert de connaissances, à la confrontation des points de vue, au témoignage, à l’enrichissement mutuel entre les « groupes » d’étudiants, à améliorer la connaissance des milieux professionnels. Tirer profit de la mixité des étudiants dans l’auditoire

Donner des feed-back formatifs aux étudiants

Donner un feed-back à l’étudiant pour lui permettre d’ajuster et de renforcer ses apprentissages, en lui donnant des indications sur les points d’amélioration. L’évaluation formative aide l’étudiant à mieux se connaître, à améliorer ses façons d’apprendre et à situer sa progression dans l’acquisition de compétences. Evaluer la pratique et les savoir-être en milieu professionnel

Approcher le monde socio-professionnel

Approcher le monde du travail peut prendre diverses formes allant de l’invitation du monde du travail dans l’auditoire (témoignages de professionnels, études de cas, jeu de rôle) jusqu’à l’immersion des étudiants en milieu de travail lors d’un stage ou une visite d’entreprise. Inviter dans l’auditoire des acteurs du monde professionnel  / Traiter des problèmes se posant en milieu professionnel

Confronter l’étudiant à une diversité d’intervenants

Etre confronté à des intervenants différents amène l’étudiant à activer ses capacités d’adaptation, d’observation et d’intégration. Cela lui permet également de se confronter à de nouvelles réalités. L’hétérogénéité des intervenants peut prendre plusieurs formes comme le co-titulariat, les professeurs invités, les témoins du monde professionnel. Co-titulariat et invitation d’intervenants extérieurs

Utiliser des méthodes pédagogiques variées

La diversité de méthodes confronte les étudiants à des voies et des contextes d’apprentissage différents et conditionne l’acquisition de connaissances et le développement de compétences variées. C’est un vrai choix pédagogique des responsables de programme que d’encourager cette diversité. Diversifier les méthodes pédagogiques dans son programme

Proposer aux étudiants des moments d’immersion professionnelle

L’immersion professionnelle permet aux étudiants d’appréhender les réalités du monde du travail, de faire des liens entre leur formation théorique et un terrain d’application, de mettre en œuvre des savoir-faire et des savoir-être et de développer des compétences professionnelles ou de préparer la transition formation universitaire – marché du travail. Intégrer des moments d’immersion tout au long du programme

Stimuler la pluridisciplinarité dans son programme

La pluridisciplinarité vise à donner aux étudiants différents points de vue et regards sur un même objet d’étude. Elle suscite l’ouverture à un champ de connaissance élargi et transversal pour dépasser l’unique savoir disciplinaire. Favoriser la pluridisciplinarité dans son programme

Susciter la découverte de contextes culturels et sociaux différents

L’internationalisation des programmes de formation a notamment pour but de mettre les étudiants en contact avec des réalités sociales et culturelles différentes. Cette confrontation est susceptible de faire évoluer leur identité, leur vocation et la connaissance qu’ils ont d’eux-même.

Découvrez sur les pages ISP tous les “activateurs” de préparation à l’insertion socio-professionnelle qui ont été identifiés à l’occasion de ce projet et des témoignages d’enseignants.

Préparer les étudiants à s’insérer : c’est quoi au juste ?

Préparer les étudiants à leur insertion ne signifie pas nécessairement leur transmettre des connaissances et leur faire acquérir des compétences qu’ils pourront mobiliser plus tard. Non, les préparer à cette transition, c’est sans doute chaque jour et par petites touches ou encore à des moments-clefs de leur cursus (choix de master, d’options, de stage, du mémoire, …) les éveiller à une connaissance d’eux-même plus diversifiée, les confronter au “monde” et les inciter à plus d’autonomie et de responsabilité. Ces démarches conduisent à stimuler la maturation de leur projet personnel et professionnel.

Faites-nous part de vos réactions et de vos expériences !

  • Les enseignants et les responsables de programmes doivent-ils se préoccuper du devenir de leurs étudiants ?
  • Doivent-ils les stimuler pour mûrir leur projet personnel et professionnel en cours de formation ?
  • Comment peuvent-ils s’y prendre ? A quel moment ? Selon quelles modalités pédagogiques ?
  • Avez-vous une expérience à partager ?


Neurosciences et Pédagogies actives

25 novembre 2011

Ce jeudi 17 novembre 2011, en soirée, c’est plus de soixante personnes qui ont assisté à la formation “Neurosciences et pédagogies actives” organisée par l’IPM. Deux intervenants ont marqué, par la qualité de leurs exposés, l’intérêt des sujets traités et la pertinence de la thématique pour les enseignants et formateurs que nous sommes, un public interpellé par ce “voyage extraordinaire au centre du cerveau“.

Philippe van den Bosch nous a initié aux constituants et au fonctionnement de notre processeur central et à une meilleure compréhension de comment, au cours de la vie, nous sculptons notre cerveau. Un système étendu à tout le corps, constitué d’à peu près 100 milliards de neurones dont chacun est en contact avec 10000 autres neurones par les synapses. Si certaines “autoroutes” neuronales sont bien présentes dès notre naissance, des chemins secondaires se constituent et se diversifient en fonction des expériences que nous faisons. Les informations n’y sont pas localisées mais les différents attributs des objets évoqués sont répartis en différents endroits : la rose (une fleur) est jaune (une couleur) et elle peut nous piquer (une sensation) … Ainsi, des zones sont spécialisées en fonction de ce que nous ressentons, de ce que nous voyons, de ce que nous touchons … l’homme neuronal se construit par interaction avec son environnement. On dit aussi que le cerveau gauche est davantage analytique (siège du raisonnement, de la pensée logique …) et que le droit est davantage synthétique (siège de l’intuition, de l’imagination …) mais ces deux hémisphères fonctionnent ensemble, toujours. Les mémoires ainsi que les neurones miroirs furent également l’objet d’explications limpides : des zones préalablement activées sont plus propices à être sélectionnées et réactivées dans des contextes nouveaux (on pense à l’importance des connaissances antérieures à exploiter dans l’enseignement) et, en ce qui concerne les neurones miroirs, nous apprenons en voyant les autres s’activer et en discernant les effets et les valeurs associées à leurs actions (on pense ici à l’apprentissage vicariant de Bandura).

Avec Marc Crommelinck, c’est vers l’étude de “comment nous apprenons à lire et à calculer” que nous nous sommes dirigés. Son Take Home Message était “Attention complexité” et le danger de recettes neuropédagogiques toutes faites de la “nébuleuse neuro” du genre “pour tant d’euros, développez votre limbique droit” ou encore “développer vos performances en calcul avec notre stimulateur magnétique”. Il nous a montré cette complexité au travers de deux exemples relatifs à la lecture et au calcul. A partir de l’hypothèse audacieuse de Stanislas Dehaene portant sur le recyclage culturel des cartes corticales, il nous présente le fait que notre cerveau ne jette rien, il recycle. Ainsi des structures cérébrales activées dans la nuit des temps et tombées un peu en désuétude par l’évolution, sont réutilisées pour des fonctionnalités rendues nécessaires et plus récentes (comme la lecture). Mais, parfois la nature résiste à la culture, ce qui peut expliquer des difficultés à transformer ces structures pour les adapter à de nouveaux objets culturels et la dyslexie constitue un exemple de cette résistance. En ce qui concerne le calcul, les cellules habilitées au codage de nombres précis sont installées depuis bien plus longtemps … Les grands singes en sont dotés et un nourrisson de quelques mois est capable de considérations arithmétiques simples. Le fait de localiser des objets dans l’espace quelque soit la position de la tête fait appel à des mécanismes vectoriels complexes. Ainsi, la mobilisation de ces structures déjà là et la plasticité fantastique du cerveau sont aussi des éléments considérables pour notre apprentissage et celui de nos étudiants.

Quelques lectures :

Un dossier du numéro de novembre de la RechercheComment nous devenons intelligents

Le numéro spécial de Sciences Humaines (décembre 2011) “A la découverte du cerveau

Et aussi le livre de Jean-Didier Vincent Voyage extraordinaire au centre du cerveau (Odile Jacob, 2007).

Billet rédigé par Marcel Lebrun (IPM)

Les cours à l’université doivent-ils être créatifs ?

19 octobre 2011

Des étudiants, interrogés sur le vif lors d’un micro-trottoir dans les rues de Louvain-la-Neuve (2010), ne sont pas tendres :  “le prof lit ses slides”, “les cours sont rébarbatifs”. Ils voudraient davantage être surpris : “faites-nous participer”, “faites-nous rire plus souvent”…

Les cours à l’université seraient-ils ennuyeux ? Devraient-ils être “différents” ? Différents en quoi ?

La “bonne vieille tradition” du cours ex cathedra a fait ses preuves depuis des centaines d’années : des millions d’étudiants ont été (bien) formés avec ce genre de cours; ils sont devenus les citoyens, responsables d’entreprises, personnages politiques,… qui font tourner (pas trop mal ?) le monde d’aujourd’hui. Pourquoi faudrait-il changer ?

Dans cette même vidéo, des enseignants donnent également leur point de vue. Ils présentent des innovations pédagogiques implémentées dans leur cours : rédaction du syllabus par les étudiants, débat sur base de cartoons, travaux de groupe, jeux de rôle … Ils y voient des effets positifs sur l’apprentissage : les étudiants posent plus de questions, ils sont métamorphosés, engagés et se montrent plus créatifs. Ce sont les enseignants qui sont alors surpris…

  • Alors, faut-il innover ou non dans l’enseignement supérieur ? Certains voudraient nous le faire croire, mais pourquoi ?
  • Pour ou contre le cours traditionnel ex cathedra ?
  • Comment rendez-vous vos cours intéressants ?

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