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Analyser les apports des TIC dans vos cours ? Faites le test !

17 février 2012

Vous utilisez iCampus ou Moodle pour stimuler l’activité des étudiants en dehors de l’auditoire (travaux individuels ou de groupe, ressources à consulter…), vous mettez en œuvre un dispositif hybride ! peut-être sans le savoir… :-)

Le groupe de recherche Hy-Sup vous propose d’analyser l’un (ou plusieurs) de vos cours à l’aide de son outil d’auto-positionnement. Pensez à l’un de vos cours (hybrides) et répondez à 14 questions visant à le décrire. Vous découvrirez de quel type votre cours se rapproche le plus !

Des dispositifs hybrides : nouvelle perspective pour la pédagogie de l’enseignement supérieur ?

Depuis un bon nombre d’années maintenant, les enseignants du supérieur ont à leur disposition des environnements numériques pour soutenir et enrichir l’apprentissage des étudiants. iCampus ou Moodle à l’UCL, Claroline, WebCT, Blackboard ailleurs, les plateformes d’apprentissage en ligne ne manquent pas.

  • Comment les enseignants s’approprient-ils ces plateformes ?
  • Pour quelles activités d’apprentissages ?
  • Quelle articulation de la présence et de la distance ?
  • Qu’est-ce que cela change, au fond, pour les étudiants ? Apprennent-ils “mieux” ? Sont-ils mieux formés ?
  • Et les enseignants qui utilisent ces plateformes, en tirent-ils des bénéfices ?

Une recherche européenne

Ce sont ces questions qui ont initié la recherche Hy-Sup - dispositifs hybrides en enseignement supérieur. Les dispositifs hybrides sont les cours/formations qui articulent, à des degrés divers, des activités d’apprentissage en présence (en salle de cours) et à distance, soutenues par ces environnements numériques.

L’UCL, par l’intermédiaire de l’IPM, est l’une des 6 universités partenaires de ce projet. Entre novembre 2009 et mars 2012, nous nous sommes attelés à décrire les dispositifs hybrides mis en œuvre dans différentes universités et à en analyser les effets.

Au travers de 3 enquêtes en ligne et d’entretiens semi dirigés, 353 enseignants et 456 étudiants se sont ainsi exprimés.

Les premiers résultats

Les données sont encore en cours d’analyse, mais les premiers résultats stimulent déjà la réflexion sur les pratiques d’enseignement. Ainsi, nous avons mis en évidence 6 types de dispositifs hybrides. Ceux-ci se distinguent notamment par

  1. le degré de scénarisation de l’activité des étudiants en dehors des salles de cours (activité organisée par des consignes, des productions, des délais… ou non),
  2. le degré d’utilisation de l’environnement numérique (usages limités ou riches),
  3. la nature des activités proposées et des apprentissages espérés (plutôt transmission de contenu ou plutôt construction de connaissances),
  4. l’accompagnement (ou non) des étudiants dans leur processus d’apprentissage et les formes de celui-ci,
  5. le degré d’ouverture du dispositif sur l’extérieur du monde académique (vie quotidienne et professionnelle).

Nous observons que ces types entrainent des effets croissants sur la motivation des étudiants, le développement de leurs compétences, leur implication active dans les apprentissages… Plus l’environnement numérique est utilisé de manière multiple (variété des outils), interactive, participative, ouverte… plus les effets positifs se font sentir.

Par ailleurs, les enseignants qui se sont lancés dans ce type d’usage des technologies déclarent en large majorité en percevoir des effets positifs sur leur sentiment d’auto-efficacité, sur leur réflexivité ou sur leur propre motivation.

> En savoir plus ? Découvrez ces types sur le site d’Hy-Sup ou lisez la première publication du collectif Hy-Sup (Distance et Savoirs, 2011, 9(1)).
> Découvrir d’autres dispositifs par le témoignage d’enseignants ? Regardez nos vidéos sur YouTube

Analysez l’un de vos cours !

> Outil d’auto-positionnement d’un dispositif hybride

  • Surpris par le résultat du test ? Interpellé ?
  • Envie de décrire vous aussi votre dispositif hybride ?
  • Pratiquer un dispositif hybride a-t-il modifié votre métier d’enseignant ?
  • Avez-vous observé des effets de ces dispositifs sur vos étudiants ?

Nous sommes curieux de connaître vos réactions ! (ci-dessous)

L’université de demain sera-t-elle numérique ?

1 décembre 2011

La révolution numérique est en marche : la musique, les photos, les vidéos et de plus en plus de ressources papier (factures, dossiers médicaux, …) passent au format numérique.

Quelles implications pour l’enseignement à l’université ?

L’avènement des technologies cloud amorce une révolution dans nos manières de gérer les ressources. Puisqu’il est aujourd’hui possible d’enregistrer des données dans un espace web abstrait accessible de partout (le nuage) et puisque des moteurs de recherche nous permettent de retrouver une ressource sur base de quelques mots-clés, nous devrions bientôt être dotés d’une e-mémoire infaillible !

C’est la thèse défendue par les auteurs du livre “Total Recall” [1]. Depuis 1995, ces ingénieurs en informatique travaillent à faire disparaître le papier de leur vie en exploitant les nouvelles technologies. Selon eux, l’enjeu essentiel du monde éducatif de demain ne serait plus de transmettre des connaissances, mais de transmettre une architecture virtuelle, une carte mentale pour mieux appréhender la masse de connaissances numériques disponibles aujourd’hui.

L’évolution technologique aura aussi un impact sur nos manières d’apprendre.

jannoon028 / FreeDigitalPhotos.net

jannoon028 / FreeDigitalPhotos.net

Selon plusieurs auteurs ([2] et [3]), d’ici moins de 25 ans, le principal lieu d’apprentissage ne sera plus l’école et l’université au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Les cours seront organisés au moins de manière hybride (en présence et en ligne), voire complètement à distance. L’enseignant n’agira plus en posture d’expert, mais bien comme un coach. Sa mission principale ne sera plus de transmettre des connaissances mais bien d’apprendre à apprendre :

  • - apprendre aux étudiants à trouver les ressources nécessaires pour leur apprentissage,
  • - leur donner des moyens de s’approprier les connaissances et d’évaluer leurs acquis.

La motivation de ces apprenants isolés sera maintenue par l’adhésion à un réseau virtuel de personnes partageant les mêmes centres d’intérêt, interagissant dans une logique de partage quels que soient leur âge ou leur expérience.

Ce processus se poursuivra tout au long de la vie, au fil des expériences professionnelles et en fonction des besoins individuels.

Tout cela, dans moins de 25 ans… Qu’en pensez-vous ?

[1] “Total Recall” de Gordon Bell et Jim Gemmel (Flammarion)
[2] “Rethinking Education in the Age of Technology: The Digital Revolution and Schooling in America” de Allan Collins et Richard Halverson (Technology, Education-Connections, the Tec Series)
[3]  “The next 25 years ? : future scenarios and future directions for education and technology” K.Facer et R.Standford paru dans le Journal of Computer Assisted Learning (2010), volume 26, p74-93